Qu'est-ce que le radioamateurisme ?

 

1.Qui sont les radioamateurs, que font les radioamateurs ?

2. Le service radioamateur

3. Les radioamateurs et la loi en Belgique

4. Les indicatifs des radioamateurs

5. Les bandes décamétriques

6. Les bandes VHF-UHF-SHF et les micro-ondes

7. Les radioamateurs et la Croix Rouge

 

1.Qui sont les radioamateurs, que font les radioamateurs ?

1.1. Qui sont-ils?

Il y a des radioamateurs dans tous les pays du monde, dans toutes les couches de la population et ils représentent un large éventails de personnes et de cultures, ils sont de toutes formations et de toutes professions. Ils ont cependant une chose en commun: leur passion pour la technique et pour la radio. Monsieur tout le monde peut devenir radioamateur, mais le Roi Hussein de Jordanie et le Roi Juan Carlos d'Espagne sont également radioamateurs, ainsi que le roi Bhumipol de la Thailande et le président Menen de l'Argentine. Juri Gargarin (le tout premier cosmonaute) était radioamateur ainsi que le premier minsitre Rhajiv Ghandi d'Inde. Mais vous aussi, vous pouvez devenir radioamateur. En devenant radioamateur vous rejoindrez le million de radioamateurs licenciés dans le monde.

1.2. Que font-ils ?

Au début de la radio, les radioamateurs ont fait un vrai travail de pionnier. Les techniques étaient fort élémentaires, et un radioamateur était avant tout un physicien et un technicien, qui ne construisait pas seulement ses appareils, mais qui réalisait aussi les composants qu'il allait utiliser dans ses appareils. Trois-quarts de siècle plus tard, l'électronique a considérablement évolué, et l'intégration des composants a pris une telle proportion, qu'il est pratiquement devenu impossible, de construire des appareils d'émission ou de réception qui pourraient avoir des performances similaires à ce que l'on trouve sur le marché. Ceci n'est cependant pas tout à fait vrai pour tous les appareils que le radioamateur utilise. Le radioamateur peut, dans beaucoup de cas, encore construire de meilleures antennes que les solutions de compromis qu'il trouve sur le marché. Le "vrai" radioamateur est celui qui construit encore régulièrement l'un ou l'autre appareil, qui connaît son émetteur-récepteur commercial à fond, et qui peut le réparer en cas de défectuosité.

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2. Le service radioamateur

Le radioamateurisme est donc en premier lieu un hobby technique, qui jouit d'une reconnaissance au niveau mondial pour ses potentialités et pour son aspect de service. L' I.T.U ( l'organisme mondial le plus élevé qui coordonne et réglemente tous les aspects des télécommunications) a reconnu le service radioamateur depuis le début de la radio. A l'occasion de la dernière conférence mondiale de l' I.T.U. en 1979, une résolution (n°640) fut adoptée, et celle-ci mentionne en substance qu' "en raison de leur dissémination et de leur efficacité avérée en de telles circonstances, les stations du service amateur sont en mesure d'aider à pourvoir aux besoins essentiels de communication". En effet en cas de catastrophe naturelle, les communications entre les radioamateurs et d'autres stations, peuvent assurer des communications vitales, en attendant que les communications normales soient rétablies.

2.1. Modes de communication

Au début de la radio, la télégraphie était le seul moyen de communication. Le code Morse permettait de transmettre des messages sous une forme codée. Bien vite on découvrit la téléphonie, et tout comme les stations de radiodiffusion, les radioamateurs ont fait de la téléphonie, mais il apparut rapidement que dans des conditions difficiles, la télégraphie (encore appelée CW, abréviation de Continuous Wave) permettait d'avoir une meilleure couverture et une meilleure fiabilité que la téléphonie. Ceci est la raison pour laquelle les communications de détresse avaient lieu en télégraphie, jusqu'il y a peu de temps, et les bateaux devaient avoir un radiotélégraphiste confirmé ("marconiste") à bord même avec l'apparition des satellites de communication. Ceci est également la raison pour laquelle les radioamateurs qui veulent utiliser les bandes HF doivent prouver une connaissance élémentaire du code Morse (et ceci dans tous les pays du monde). Au fil du temps, un certain nombre d'autres formes de modulation et de transfert d'information ont vu le jour. Les radioamateurs envoient maintenant aussi des images, ils font des liaisons via leur propre satellites, ils utilisent des techniques numériques (ils font communiquer leurs ordinateurs via la radio) etc... Néanmoins, le vrai radioamateur reste fier de la connaissance du code Morse, puisqu'il s'agit d'une autre langue mondiale. En dernière page de ce document, vous trouverez une liste avec des termes et des abréviations utilisés dans ce texte. Consultez cette liste si nécessaire.

2.2. Les longueurs d'ondes

La radio a été découverte par les ondes longues. Ce n'est qu'après la deuxième guerre mondiale que l'on a fait usage des ondes VHF (2 mètres) et plus tard encore des UHF (bandes des 70 cm et au delà). L'exploration du spectre des fréquences s'est donc faite vers le haut. Avec l'essor de la technologie, les communications sur les bandes millimétriques sont devienues possibles. Comme tous les services radio (radiodiffusion, service maritime, communications militaires, etc. ...) utilisent le même spectre, la répartition judicieuse des bandes de fréquences est une nécessité absolue. Tout ceci est coordonné au sein de l' I.T.U. (International Telecommunications Union), l'organe le plus haut en cette matière (et membre de l' ONU). Au sein de l' ITU, les radioamateurs sont représentés par l' I.A.R.U. (International Amateur Radio Union). Dans chaque pays, la plus grosse association nationale est membre de l' IARU. En Belgique il s'agit de l' U.B.A. (Union Belge des Amateurs émetteurs) qui représentent les intérêts des radioamateurs sur le plan mondial.

2.3. Universalité

Le radioamateurisme est un moyen unique pour établir régulièrement des contacts personnels à l' échelle internationale. Aujourd'hui, plus que jamais les peuples ont besoin d'estime et de compréhension mutuelle. Le radioamateurisme ne connaît pas de frontière, ni de différences, ni géographique, ni politique, ni ethnique, ni religieuse, ni économique. La communication entre radioamateurs ne portera que sur le hobby technique et l'échange de points de vues personnels sont bannis. Le rôle du radioamateurisme comme moyen d'éducation pour la jeunesse est évident. Dans notre société où les personnes du 3ème âge sont de plus en plus nombreuses, notre merveilleux hobby peut jouer un rôle important. La pratique de ce hobby présente également de nombreuses facettes. Certains radioamateurs développent et construisent des appareils toute leur vie et ne font pratiquement pas de communication. Il y a aussi des radioamateurs qui mettent l'accent sur l'établissement de liaison. Mais bien sûr, il y a toute une gradation entre ces deux cas extrêmes. Vous ne trouverez que certains sur les bandes décamétriques classiques, tandis que d'autres ne jurent que par les bandes de longueur les plus courtes. Par exemple, certains radioamateurs s'investissent entièrement à l'installation, et à la maintenance de réseau de communication digitale (par radio), alors qu'un autre radioamateurs en font usage pour échanger des renseignements concernants la propagation et les concours. D'autres développent des logiciels qui sont utilisés part leurs collègues pour mille et une application (conception de circuit, modelage d'antennes, livre journal, communication de données, concours, etc...)

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3. Les radioamateurs et la loi en Belgique

3.1. Le radioamateur

L' Arrêté Ministériel du 9 janvier 2001 définit le radioamateur comme une personne qui s'intéresse uniquement à titre personnel et sans intérêt pécuniaire à la technique de la radioélectricité, et qui a prouvé, conformément à la loi, son aptitude à établir et à faire fonctionner une station d'amateur. Rappellons que la détention et à fortiori l'utilisation d'un émetteur sans autorisation (donc sans licence) est contraire à la loi et peut vous mener devant le tribunal Correctionel ...

3.2. Examens et autorisations

Voir "Devenir radioamateur."

3.3. Contrôle

La station radioamateur, le type d'émission (mode de modulation), et la nature des émissions (contenu) doivent être conformes aux prescriptions légales. La station du radioamateur peut être contrôlée, à tout moment, par les agents de l' I.B.P.T. Des fautes graves peuvent entraîner la suspension ou le retrait de la licence.

3.4. Perturbations

Le détenteur d'une licence doit veiller à ne pas produire d'interférences dans les récepteurs radio et TV de ses voisins, ni à d'autres services de radiocommunications publics, privés ou généralement quelconque. En cas de problèmes, la première réaction doit être d'arrêter immédiatement les émissions radioamateur, puis de collaborer avec les personnes perturbées afin de trouver les solutions adéquates. A la demande, l' U.B.A. pourra assister ses membres pour trouver une solution. En derniere instance, le radioamateur peut demander l'intervention de l' I.B.P.T., car la cause de la perturbation ne se trouve pas nécessairement dans la station du radioamateur.

3.5. Dans les autres pays

Si vous vous rendez à l'étranger votre licence belge sera automatiquement valable dans plus de 26 pays d' Europe ceci grâce à la convention CEPT T/R 61-01 que ces pays ont signé. Cette réciprocité n'est valable que pour une courte période (moins de 3 mois) et si vous n'avez pas de résidence fixe dans le pays visité. La réciprocité CEPT pourra être utilisée lors de vos vacances ou au cours de déplacements professionnels par exemple. Dans les autres circonstances et pour les autres pays (en autres Etats-Unis, Canada, etc ...) des licences temporaires (en général 1 an) de réciprocité peuvent être obtenues mais les démarches administratives sont plus longues. De façon similaire, les radioamateurs étrangers résidants en Belgique peuvent utiliser leur station et utiliser leur indicatif précédé de "/ON". Les radioamateurs ressortoissants des pays qui n'ont pas reconnus les conventions CEPT peuvent demander une autorisation temporaire à l' I.B.P.T., ils recevront alors un indicatif ON9...

3.6. Les écouteurs

Bien que la plupart des radioamateurs font de l'émission, certains radioamateurs s'intéressent exclusivement à l'écoute. Ces inlassables écouteurs des ondes sont appelés Short Wave Listener (en abrégé SWL). En attendant de passer l'examen vous pouvez vous mettre à l'écoute car on n'a pas besoin de licence de l' I.B.P.T. pour écouter. L' U.B.A. attribue cependant à ces stations un indicatif d'écouteur du type ONL suivit de 4 chiffres afin de pouvoir acheminer les cartes QSL. L'écoute est très importante pour tous les radioamateurs, car comment pourrait-on communiquer si on ne sait pas écouter ? Le bon radioamateur commencera donc par être un bon écouteur!

3.7. Les radioamateurs et l'industie

Au-delà de l'intérêt personnel pour la technique, et par le fait que les radioamateurs s'intéressent à toutes les nouveautés en la matière, par leur esprit inventif, ils constituent une réserve de gens compétents en matière de radio, et de radiocommunications. Cette réserve de "techniciens" et leurs connaissances sont recherchés par l'industrie et par les administrations.

3.8. Les radioamateurs et la C.B.

Comme vous pouvez le constater le radioamateurisme est complètement différent de la C.B. ("Citizen Band") mais la confusion est trop souvent faite par le grand public! Les Cibistes se contentent généralement de parler devant le micro pour faire des contacts locaux, ils ne s'intéressent pas (ou très peu) à ce qu'il y a dans la boite noire ("le bac CB"). Les Cibistes ne passent pas d'examen, il suffit de s'acquitter de la taxe pour être Cibiste. La loi concernant la CB, limite fortement la puissance, et la bande de fréquence à cette seule bande du 27 MHz (11 m). Il faut toutefois remarquer que parmis les radioamateurs beaucoup ont fait de la C.B. et ont été déçu de ses possibilités.

3.9. Les radioamateurs et les radio libres

Il s'agit d'une autre confusion possible: les radioamateurs n'ont rien à voir avec les radio libres. Les radio-libres émettent principalement de la musique d'un studio vers des auditeurs. Les radioamateurs au contraire ne peuvent pas émettre de la musique, et les communications qu'ils établissent sont généralement bidirectionnelles ("two way").

3.10. Les radioamateurs et l' I.B.P.T.

L' I.B.P.T. est l'organisme national qui applique la législation relative aux radioamateurs et qui les contrôle. Il est évident que tous les radioamateurs ne savent pas être des interlocuteurs à l' I.B.P.T. Tout comme dans d'autres domaines, les radioamateurs se groupent en une association, et défend ses intérêts auprès de l'autorité. En Belgique c'est l' U.B.A. (Union Belge des Amateurs émetteurs) , qui depuis plus de 50 ans regroupe presque tous les radioamateurs belges.

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4. Les indicatifs des radioamateurs

4.1. Les préfixes en Belgique

Les indicatifs des radioamateurs sont attribués par les administrations de tutelle, en Belgique il s'agit donc de l' I.B.P.T. Les indicatifs se composent en fait, d'un préfixe et d'un suffixe. Les préfixes ont été décidés lors de réunions internationales au niveau de l' I.T.U. C'est ainsi que la Belgique a reçu le groupe ONA à OTZ et dans ce groupe les autorités belges ont attribué les préfixes ON1, ON2, ON4, ON5, ON6, ON7, ON8 et ON9 aux radioamateurs (parfois également les préfixes OR, OS ou OT pour les occasions spéciales).

4.2. Les préfixes dans le monde

Pour la France, les indicatifs des radioamateurs commencent par F ; pour les Pays-Bas par PA, PD, PE, ou PI ; pour la Grande-Bretagne par G , GD , GI , GJ , GM , GU ou GW ; pour l' Allemagne par DA à DL ; pour l' Italie par I ; pour l' Espagne par EA , etc. Aux Etats-Unis, les indicatifs commencent par A , K , N ou W le chiffre qui suit détermine une zone des Etats Unis, au Canada ils commencent par VE suivit d'un chiffre qui détermine la province. Pour le Japon, les indicatifs sont JA à JS , etc ... La répartition des préfixes de toutes les stations a été fixée au niveau international par l' I.T.U. qui a son siège à Genève. Cette répartition permet de connaître immédaitement l'origine d'un indicatif. Il existe également des listes ( sous forme de livre, de CD-ROM ou dans des BBS), où on peut retrouver les adresses des radioamateurs du monde entier. Grâce à cette répartition des indicatifs il est possible de connaître immédiatement la provenance d'un appel. Des listes de préfixes, des atlas spéciaux et des cartes azimutales facilitent la localisation des stations radioamateurs entendues. Le service amateur existe dans presque tous les pays du monde. Il y a cependant quelques rares pays où le radioamateurisme n'est pas autorisé, ou les autorisations sont très difficiles à obtenir. Un radioamateur est toujours fier de son indicatif. Les radioamateurs se connaissent plus par leur indicatif que par leur nom.

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5. Les bandes décamétriques

Les bandes décamétriques peuvent encore être appelée bandes HF (bandes Hautes Fréquences). Ce sont les bandes 160, 80, 40, 30, 20, 17, 15, 12 et 10 mètres (voir tableau). Ces bandes permettent des contacts à très longue distance, elles permettent de faire le tour du monde. Tous les modes de communications peuvent être utilisés mais la téléphonie (bande latérale unique ou SSB) et la télégraphie (CW ou code Morse) sont les plus utilisés. Sur les bandes décamétriques des fréquences spécifiques sont utilisés pour certains modes particuliers. Il s'agit d'accords internationaux que l' I.B.P.T. n'impose pas en Belgique, tandis que dans d'autres pays les autorités de tutelles imposent le respect du bandplanning.

5.1. Propagation sur les bandes décamétriques

Contrairement aux ondes radio en VHF-UHF, les ondes radio dans les bandes décamétriques sont réfléchies dans l'ionosphère. L'ionosphère est un espace qui se trouve à une distance de quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres de la surface terrestre. On parle de propagation ionosphérique pour les bandes décamétriques. En fonction de la densité de l'ionisation des différentes couches, certaines ondes radio sont réfléchies, absorbées, ou traversent simplement les couches. Tout ceci fait que, en fonction de l'activité solaire (cycle de 11 ans, cycle annuel et cycle journalier), on peut communiquer sur les bandes décamétriques sur de très longues distances. Tout ceci est fort complexe, d'autant plus que les paramètres sont variables. Nous pouvons cependant donner schématiquement un aperçu de la propagation sur les différentes bandes:

Sur la bandes des 160 m (juste un peu plus haut que la bande OM de radiodiffusion) seules des communications par ondes de sol et durant la journée sont possibles. Ceci et dû au fait que la couche D ionisée absorbe toutes ces fréquences basses. Durant la nuit, la couche D disparaît, et donc aussi l'absorption, et on peut donc faire des contacts à longue distance en employant des antennes adaptées (les antennes sont très grandes sur ces longueurs d'ondes).

La bande des 80 m offre des liaisons à des distances de l'ordre de 500 km durant les heures diurnes. C'est à nouveau la couche D qui absorbe les signaux et empêche les communications à grande distance durant la journée. Durant la nuit,des distances très importantes peuvent être réalisées à condition d'employer les antennes adéquates.

Sur les bandes des 40 et 30 m la couche D peut encore influencer la propagation, mais même vers midi, des distances de l'ordre de 1000 km peuvent être réalisées. Depuis bien avant le coucher du soleil, jusqu'à bien après son lever, les bandes 40 et 30 m sont idéales pour des communications intercontinentales. Elles sont aussi le moins influencées par le cycle de 11 ans, et restent ouvertes durant la nuit pour les communications à longue distance.

La bande des 20 m est considérée par beaucoup comme la bande la plus fiable pour des communications à longue distance. La bande 20 m est pratiquement ouverte toute la journée, sauf quand l'activité solaire est minimale, alors la propagation de nuit diminue ou disparaît.

L'activité des bandes des 17 et 15 m sont fortement influencées par le cycle solaire. Lors des maxima elles permettent des liaisons DX principalement dans la journée, mais aussi jusque tard dans la nuit. Lors des minima d'activité solaire, les liaisons Nord-Sud pourront principalement être réalisées.

Les bandes des 12 et 10 m sont encore plus dépendantes de l'activité solaire. Durant les maxima de l'activité solaire elles sont pratiquement ouvertes toute la journée et permettent de faire de très beau DX avec des puissances relativement faibles, par contre durant les creux de l'activité solaire ces bandes sont complètement fermées, excepté peut-être quelques liaisons Nord-Sud.

5.2. Télégraphie

La télégraphie (CW) rebute encore beaucoup de débutants. Cette peur de la télégraphie ne devrait pas exister. Des cours sont donnés dans presque toutes les sections de l'UBA (voir plus loin). Il existe aussi plusieurs cours sur cassettes, de même que des cours, des exercices, et des simulations de liaison en télégraphie sur ordinateur. Avec un peu d'assiduité, tout le mode, devrait pouvoir, au bout de 6 mois avoir assez de connaissance pour passer l'examen de télégraphie à l'I.B.P.T. Avec des exercices appropriés (par exemple en écoutant les bandes décamétriques) on devrait pouvoir atteindre des vitesses supérieures à 20 mots par minute. Mais pourquoi s'obstiner à faire de la télégraphie à 20 mots/minutes alors que la téléphonie permet de transmettre beaucoup plus de mots par minute? Pourquoi faire du Morse alors que les modes de communications numériques (transmission de texte par l'intermédiaire d'ordinateurs), permettent d' atteindre des vitesses de quelques centaines de mots par minute? Tout simplement parceque la télégraphie permet une transmission sans erreurs dans les conditions les plus défavorables. Si les conditions de propagation deviennent mauvaises, on perdra le contact en téléphonie ou en transmission numérique, alors que la communication sera toujours possible en télégraphie. Un proverbe dit que la télégraphie est comme la différence entre les hommes et les enfants.

Dans les liaisons en télégraphie, on emploie très souvent des abréviations (par exemple CQ, FB, HI, HPE, CUAGN, TU, GL... et 73, 55, 88, ...). Un certain nombre d'abréviations font parties d'un code international, appelé code Q (par exemple QTH, QRG, QRM, QSO, QSL, ...). Ces codes sont également utilisés en phonie et sur les bandes VHF-UHF. Que ce jargon ne vous effraie pas, vous y serez bien vite habitué !

5.3. Téléphonie

En téléphonie on fait pratiquement exclusivement appel à la modulation à Bande Latérale Unique ou Single Side Band (en abrégé BLU ou SSB). D'une façon systématique en LSB pour les bandes inférieures à 10 MHz et en USB pour les bandes supérieures. Les contacts se font habituellement en anglais. Là encore ne soyez pas inquiet car les connaissances de la langue anglaise nécessaires pour faire un contact sont assez limitées, et comme dit le proverbe "Practice makes Perfection". De même la connaissance (même élémentaire) d'autres langues (l'espagnol, le russe, l'allemand, etc. ) sont des atouts non négligeables.

5.4. Autres modes

En dehors de la CW et de la phonie, on peut aussi utiliser d'autres modes de transmissions : · la RTTY (radio télétype) permet de transmettre des messages venant de téléimprimeurs (comme les vieilles machines mécaniques du passé). Les machimes électromécaniques du passé ont été remplacées depuis plusieurs années par des ordinateurs. Le code Baudot était utilisé à l'origine, et il reste le code le plus courant en RTTY. Sur les bandes décamétriques, on utilise presqu'exclusivement la vitesse de 45,45 Baud. Le code Baudot fut spécialemnet mis au point pour les téléimprimeurs électromécaniques, et ne supporte que les majuscules et un nombre limité de caractères. · L' ASCII avec un jeu plus complet de caractères et de signes a aussi été utilisé par les radioamateurs. · le PACKET RADIO, l' AMTOR , le PACTOR, le CLOVER , le G-TOR, sont, tout comme la RTTY et l' ASCII, des modes de transmissions numériques, mais ils permettent de corriger les erreurs dues à la transmission et au support de transmission (= "la radio sur les bandes décamétriques"). Les techniques mises en jeu utilisent des algorithmes de détection d'erreurs, de corrections, et de compression de données. Un certain nombre de serveurs (Bulletin Board System) sont actifs en permanence et acheminent des messages entre radioamateurs à travers le monde. · le FAX et la Slow Scan TeleVision permettent de transmettre des images à balayage lent avec des bandes passantes réduites. Les images sont donc des images fixes.

5.5. Logbook

Les contacts sont consignés dans un livre journal encore appelé logbook (obligation légale). Aujourd'hui le logbook peut aussi être fait sur ordinateur et grâce à cela, le radioamateurs peut facilement retrouver les contacts qu'il a fait auparavent. Il est bien agréable de pouvoir apeller un correspondant japonais par exemple, avec qui vous avez dejà fait contact, et de l'appeller par son prénom et de lui rapeller la date du dernier contact. Le logbook sur ordinateur permet ainsi de retrouver toutes les données des contatcs antérieurs en quelques fraction de seconde. Le logbook permet également de savoir quels sont pays que vous avez déjà contacté.

5.6. Cartes QSL

Lorsque vous demandez "QSL ?" en télégraphie, ceci signifie "veuillez confirmer". Une carte QSL est une carte (au format d'une carte postale) que les radioamateurs s'envoient pour confirmer un contact. Certaines cartes QSL sont très jolies, et de plus en plus on envoie des cartes couleurs de sorte que l'on peut faire voir à son correspondant, la station, l'opérateur ou les antennes. La carte QSL contient également toutes les données concernant le contact: l'indicatif du correspondant, la date et l'heure de la liaison, la fréquence utilisée, le mode (par exemple CW ou SSB), et le rapport (voir plus loin). Si vous envoyez des centaines de QSL, les frais d'expéditions deviennent relativement élevés. Pour cette raison les associations de radioamateurs, membres de l'I.A.R.U., ont créé un service grâce auquel les associations (en Belgique il s'agit exclusivement de l' U.B.A.) se chargent de l'envoi et de la réception de ces cartes vers les autres associations. L' U.BA. fournit gratuitement ce service à ses membres.

5.7. DX

Très vite les radioamateurs qui s'intéressent aux bandes décamétriques essaient de faire des liaisons les plus lointaines, ou de contacter le plus grand nombre de "pays" possibles. Ils font ce qu'on appelle du DX (pour "distance"). Le DX-eur est aussi un collectionneur de cartes QSL, et le summum consiste a avoir au moins une carte QSL pour chacun des pays. Un certain nombre de critères ont été fixés pour définir ce qu' est un pays. Sur bases de critères internationaux, il existe 327 pays (ce nombre peut varier en fonction des changements géo-politiques).

5.8. Diplômes

Des certificats ("awards") peuvent être obtenus à diverses occasions. Le DXCC (DX Century Club) est l'un des diplômes les plus célèbres, on peut l'obtenir en contactant plus de 100 pays. Le diplôme WAZ (Worked All Zones) est obtenu si on contacte les 40 zones du monde. Le diplôme belge le plus connu est le WABP (Worked All Belgian Provinces) est délivré par l' UBA pour avoir contacté un certain nombre de stations dans toutes les provinces belges. Il y a des centaines de diplômes à obtenir avec divers degré de difficulté.

5.9. Contests

Plusieurs associations de radioamateurs organisent des concours ("contests") à des dates régulières. Ces consours ont lieu sur 160, 80, 40, 20, 15 et 10 mètres. En général il n’y a pas de contests sur les bandes de 30, 17 et 12 mètres. Il s'agira habituellement de contacter le plus grand nombre de stations possible, chaque contact donnant lieu à un certain nombre de points. La durée d'un contest est généralement de 24 ou de 48 h. Certains contests sont organisés localement (par pays), tandis que d'autres sont des contests internationanux (CQ WW, WPX, ARRL, WAE, AA etc ). Les contests permettent de comparer l'habilleté des opérateurs, mais aussi les performances des stations (émetteur, récepeteur, antennes). Les lauréats reçoivent un diplôme, ou parfois une plaquette ou une coupe, qui sont considérés comme des trophés. Les club peuvent aussi participer aux contests, ce qui stimule la solidarité et la fraternité entre les membres. Au niveau international, les radioamateurs belges se défendent très honorablement.

5.10. La station

Votre question sera alors probablement que faut-il comme matériel pour débuter? L'installation débute habituellement par l'acquisition d'un émetteur-récepteur ("transceiver") décamétrique, neuf ou d'occasion. Dans la rubrique "Bourse des amateurs" du magazine CQ-QSO de l' U.B.A, le radioamateur débutant trouvera des offres d' appareils de seconde main. Il pourra se faire conseiller par un membre de sa section UBA. Un émetteur-récepteur (transceiver) neuf coûte facilement 50.000 Fr ou plus. En occasion, un bon transceiver peut se trouver à partir de 20.000 Fr. La première antenne décamétrique sera probablement un simple dipôle réalisé en fil ou un quart d'onde vertical. Une antenne de débutant peut donc se construire très facilement, il n'y a pas de raison de faire de grosses dépenses. Un budget de quelques milliers de Francs suffira pour les matériaux à acheter. Avec un simple transceiver délivrant 100 Watt et un dipôle ou une verticale, il est possible de faire beaucoup de belles choses, de faire quelques beaux DX et certainement de décrocher votre premier DXCC.

La situation de la station a également beaucoup d'importance. Une station située en ville donnera de moins bons résultats qu' une station établie en pleine campagne ou près de la mer.

Au fil des années et en fonction de ses propres expériences, le radioamateur aura continuellement l'occasion d'améliorer sa station. C'est surtout au niveau des antennes que les améliorations sont les plus spectaculaires. Mais il ne faut pas oublier le "know-how", les connaissances et l' habileté de l'opérateur, qui conduiront le radioamateur vers le succès sur les bandes décamétriques.

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6. Les bandes VHF-UHF-SHF et les micro-ondes

Au-delà de 30 MHz les ondes se propagent assez différemment de ce que nous avons décrit ci-dessus. Seule la couche E peut, pour les bandes de 50 et 144 MHz donner lieu à quelques réflexions. Pour toutes les bandes supérieures à 30 MHz on constate un autre phénomène appelé propagation troposphérique. Au-dessus de 1 GHz et donc aussi pour les micro-ondes, la vue optique est souvent impérative.

6.1. La modulation de fréquence

La modulation de fréquence (Narrow Band Frequency Modulation) permet d'obtenir une qualité radiophonique. La portée est limitée à une faible distance (5 à 50 km). On fait appel à la NBFM principalement pour les communications locales et les communications à partir de stations portables, et de stations mobiles et pour tout le trafic via les stations relais.

6.2. Les relais

Les stations répétitrices, encore appelées relais, sont installées aux sommets d'immeubles, de tours ou de collines, elles permettent de relayer les signaux des stations portables et mobiles en augmentant ainsi leur rayon d' action. L' écart entre la fréquence de réception de l'utilisateur et la fréquence d'émission de l'utilisateur est de -600 kHz pour la bande 144-146 MHz et elle est de +1,6 MHz pour la bande 430-440 MHz. Les relais sont activés par l'envoi d'une tonalité à 1750 Hz pendant 3 secondes. Les relais s'identifient en donnant leur indicatif en morse. En Belgique il y a 17 relais VHF et 20 relais UHF, presque tous appartiennent à des sections de l' UBA.

6.3. La phonie et la télégraphie

La bande latérale unique (USB), conjointement à la télégraphie (CW) sont utilisés pour les contacts à grande distance. En effet, au-delà de la propagation en vue directe les bandes VHF-UHF-SHF permettent d'expérimenter certains modes de propagation particuliers.

6.4. Les types de propagations en VHF et UHF

Les modes de propagation sont différents de ceux utilisés en décamétriques, en VHF-UHF on distingue :

Des balises permettent de surveiller et d'étudier les phénomènes de propagations particuliers décrits ci-dessous.

6.5. L' EME

Une autre activité fort remarquable est la réflexion sur la lune (Earth-Moon-Earth). Les ondes radio subissent une très forte atténuation (environ 262 dB sur 70 cm), il faut donc utiliser des puissances importantes ( de 250 à 1000 Watts) (licence spéciale à demander à l' IBPT !), des antennes à haut gain ou des groupements d'antennes à haut gain (26 dB ou plus) et un préamplificateur à très faible bruit.

6.6. La télévision d'amateur

L' ATV ou "Amateur Television" attire aussi beaucoup d' adeptes, elle permet de transmettre des images de télévision en couleur selon le système 625 lignes. On utilise les bandes des 70 cm (modulation d'amplitude) et les bandes des 23 cm, 13 cm et 3 cm (modulation de fréquence). Il existe même des répétiteurs spécialement conçus pour relayer ces signaux.

6.7. Les satellites radioamateurs

Les radioamateurs sont aussi parvenus à s'organiser pour faire mettre sur orbite des satellites qu'ils ont construits. Ces satellites sont équipés de transpondeurs qui retransmettent les signaux qu'ils reçoivent sur une fréquence (uplink) vers une autre fréquence (downlink). Les fréquences utilisées sont dans les bandes des 10 m, 2 m, 70 cm et 23 cm. Les plus anciens satellites sont sur des orbites basses ("polaires"). Il est donc nécessaire de les suivre (tracking) à l'aide de moteurs d'antennes en azimut et en élévation. Les satellites plus récents sont sur des orbites elliptiques et permettent ainsi une plus grande durée d'opération.

Les contacts avec les navettes spatiales tels que SAREX et MIR se font également. Notre célèbre astronaute Dirk Frimout est également radioamateur, son indicatif est ON1AFD. Il a été contacté à plusieurs reprises lors de ses révolutions autour de la terre, par des radioamateurs belges et étrangers.

6.8. Le Packet Radio

Le Packet-Radio, quant à lui, est un système de transmission numérique basé sur le protocole AX.25 (semblable à l' X.25). Il permet de faire des transmissions avec détection et recouvrement d'erreurs. On peut faire des contacts de clavier à clavier, faire des transferts d'un ordinateur vers un autre. On peut utiliser des serveurs (Bulletin Board System) eux même connectés à d'autres BBS et acheminant les messages au travers du monde, on peut aussi utiliser des DX-Clusters par lesquels tous les radioamateurs intéressés par le DX (voir paragraphe concernant les bandes décamétriques) peuvent signaler les contacts rares qu'ils ont faits, etc... Grâce au réseau Packet Radio, on peut relier les noeuds packet radio et on peut utiliser ce réseau pour transmettre les informations entre utilisateurs éloignés, entre BBS ou entre DX-Clusters. Le Packet Radio permet de combiner deux technologies celle de la radio et celle des ordinateurs.

6.9. Les micro-ondes

Les micro-ondes offrent un vaste domaine où la construction personnelle domine très largement puisque aucun matériel commercial n'est disponible. Cette difficulté explique peut-être la raison du petit nombre de radioamateurs qui s'appliquent à cette facette du hobby. Et pourtant les µ-ondes sont un domaine passionnant où on peut expérimenter les techniques des striplines, des guides d'ondes, des varactors, des diodes Gunn, des résonateurs diélectriques, les antennes paraboliques, etc...

6.10. La station

Votre question sera alors de savoir quel matériel il vous faudra ? La réponse à cette question dépend de ce que vous voulez faire.

Un portable 2 m ou un dual-band (2 m et 70 cm) vous permettra de contacter les relais locaux. Pour un portable neuf if faut compter un prix (neuf) d’à peu près 12 .000 Fr . En occasion la moitié de ce prix devrait suffir. Si votre occupation professionnelle vous amène à faire de nombreux trajets en voiture, vous opterez plutôt pour une "station mobile" 2 m ou une dual-band. Ensuite il vous faudra un peu de courage pour percer le toit de votre véhicule, pour vous y aider, pensez que vous usez les sièges, le moteur, les pneus, etc ... alors pourquoi ne pas faire un petit trou pour votre hobby si passionnant ? Un émetteur mobile neuf coûte facilement 20.000 Fr et même plus . En occasion la moitié de ces prix devrait suffir pour vous acheter un appareil en bonne condition.

Si vous comptez faire de la FM à la maison, le même type de station "mobile" décrite ci-dessus sera installée chez vous ! Il vous faudra aussi une antenne verticale extérieure, pour réaliser des contacts via relais ou en direct à une 50aine de km à la ronde.

Par contre si vous voulez faire du DX, faire de la tropo, des sporadiques E, du meteorscatter, travailler avec les satellites, faire de l' EME, alors il vous faudra un émetteur-récepteur 2 mètres et un émétteur-récepteur 70 cm dit "all mode" c.-à-d. permettant de faire de la FM, de la SSB et de la CW, ou alors un émetteur-récepteur "dual band" et "all mode" (prix neuf à partir de 40.000 Fr). Les antennes seront des yagis avec le plus grand gain possible montée sur des pylones de façon à être bien dégagé des obstacles naturels.

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7. Les radioamateurs et la Croix Rouge

7.1. La convention avec la Croix-Rouge

Les radioamateurs peuvent aussi mettre leur station au service de la communauté, c'est ainsi que la Croix Rouge de Belgique et l' UBA ont signé une convention de collaboration en cas de catastrophe. Chaque province dispose d'une station de base qui est généralement installée dans les bâtiments de la Croix Rouge. A Bruxelles, l'indicatif de cette station est ON5XA et elle est située Chaussée de Vleurgat. De plus, les radioamateurs dûment autorisés, se trouveront sur le terrain avec des stations portables ou des stations mobiles en 2 m et ils transmettront les messages qui leur seront fournis par les responsables des services de secours à la station provinciale.

7.2. Une devise : "il faut se préparer pour la catastrophe"

Cette collaboration se fera donc de façon organisée, et les radioamateurs désireux d'intervenir en pareilles circonstances doivent s'inscrire à la Croix Rouge comme "spécialiste opérateur radio". Ils recevront une licence spéciale de l' IBPT leur permettant de transmettre les messages au profit de la Croix Rouge. Pour de plus amples renseignements contactez le président de votre section U.B.A. qui vous indiquera la personne à contacter. Afin d'être efficace et de mettre au point les procédures de travail, les radioamateurs du Réseau d' Urgence de la Croix Rouge organisent des exercices. Mieux encore, ils prêtent leur concours lors de manifestations de grande envergure telles que le défilé du 21 juillet, les 20 km de Bruxelles, les marathons, ou d'autres activités.

7.3. Les interventions réelles

Parmi les catastrophes où les radioamateurs du réseau d'urgence on prêter main forte, citons :

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